Pierre Perrin, Pleine Marge, le premier recueil, 1972

Pierre Perrin, Pleine Marge, 1972

Nous venons quelques-uns des quatre coins d’un silence oppressé.

Un ‘fort volume’ publié par deux inconnus

Pleine MargeLa couverture enfermait 108 pages sur papier d’un fort grammage, glacé, car les 41 poèmes étaient illustrés de 24 photos noir et blanc, pleine page sauf une, dans un format de 18 cm de largeur par 23,5 de hauteur. L’accueil, en Franche-Comté, fut chaleureux. Jean Breton, à qui un exemplaire avait été remis en aveugle, en fit mention, dès octobre, dans Le Magazine littéraire [ numéro consacré à Albert Camus], écrivant notamment : « un poète tenu tout de suite par les thèmes qui comptent. Il a des cris d’amour non truqués, un goût du “verger transparent” et une colère partout qui fait ployer le langage et libère les images ».  Les deux jeunes de 22 ans voyaient leurs 400 exemplaires épuisés en moins de deux ans. Originaire du Jura, Jean-Claude Salet, le photographe est décédé vers la fin des années 2000, à Moirans-en-Montagne. Un bref diaporama13 photographies reprises du volume pour mémoire, ici. L’ouvrage est introuvable. Quelques-uns des poèmes, retravaillés, ont été repris dans Manque à vivre, puis La Vie crépusculaire, et enfin Des jours de pleine terre.
Deux départs de poèmes sont proposés ci-dessous. Le premier scande la mort du père. Le second aiguise et chante le désir.

Prose pour un temps de mort
Le premier poème – écrit en octobre 1969 – publié

À même le village, aux toits en petit nombre jusqu’au creux, dans sa crosse paysanne, la nuit était complète ; c’était à ne pas distinguer, pourtant en face de la maison, ni le fumier contre le cabanon des poules, ni le verger qui enfermait un grand jardin, maintenant dénudé pour l’hiver… Continuer la lecture

Criée de la conscience
– un poème en prose initialement non ponctué –

Ce fut l’espace d’un désir. Une saison ruisselait d’oiseaux. Des fleurs lançaient des chants à la cime des arbres. On eût dit un verger sous l’arc des regards, et des moissons partout, comme des feux de lune, éclataient sur la terre. La neige… Continuer la lecture

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