Daniel Guénette a lu Le Goût de vivre de Pierre Perrin, Possibles Hors-série, 2025
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  • Daniel Guénette a lu Le Goût de vivre
    essai de Pierre Perrin, Possibles Hors-série, 2025

    couverture

    D’un tel livre, impossible de tout dire. On y trouve de belles pages consacrées à l’amour. La poésie y tient une place de choix. L’auteur souligne ses liens avec l’âme, car la poésie l’élève, et réciproquement. « Comme un enfant cherche sa voie, le poète balbutie et lève un rythme qui le jette en avant de lui-même ». Un chien occupe dans son âme une niche dorée. C’est un chien qu’il n’oublie pas. Presque tous ses livres lui réservent une mention spéciale.
    D’un tel livre, impossible de tout dire. En matière de langue et d’écriture, l’auteur y prêche par l’exemple tant sa plume est à la fois ferme et virtuose, capable d’imprimer dans la page un généreux sillon de sens, apte à susciter la réflexion et la rêverie. Cet écrivain parvient aussi à nous émouvoir. Çà et là se trouvent des enchantements, des bonheurs d’expression. Pierre Perrin invente des formules saisissantes. « On n’a jamais vu de parents manchots souhaiter que leurs enfants soient culs-de-jatte. » Chez lui, réfléchir se fait parfois en souriant. À l’occasion, sa rage de vivre le conduit à ruer dans les brancards. Il ne se gêne pas pour dire ce qu’il pense, au risque de froisser des frilosités.
    Son livre serait donc un essai. C’est ainsi du moins qu’est présenté Le goût de vivre. Certains diront qu’il s’agit plutôt d’un recueil d’essais, puisqu’on y traite de différents sujets, abordés du reste de manière composite. L’auteur, bien entendu, a de la suite dans les idées, cela paraît indiscutable. De chapitre en chapitre, il ne les développe cependant pas en suivant un fil linéaire, en construisant bloc sur bloc l’édifice de sa pensée. Sa liberté est grande, il en dispose à sa guise.


    Ce livre, je tiens à le préciser, est véritablement un essai. Certes, la matière dont discute l’auteur est diverse. Il s’interroge sur les aspects multiples du vivre en société : l’amour, la guerre, la religion, la politique, la Droite, la Gauche, l’éducation, la culture, le monde des livres, la poésie, la modernité, etc. sont les sujets qu’il scrute et analyse. Il pose des questions ; il prend position.
    Il ne s’agit pas pour Pierre Perrin de toucher à tout. Il ne procède pas à la manière du dilettante qui en fantaisiste survole le monde au gré de ses caprices afin d’ajouter çà et là son grain de sel. L’heure pour Perrin est plutôt grave. Il a vécu. Le temps des bilans pour lui est venu, le temps de la transmission, du legs. Il écrit pour la suite du monde. Non pas en désespoir de cause, mais parce qu’il croit fermement que le goût de vivre doit également animer les générations futures. C’est à elles qu’il s’adresse. Il parle aux jeunes gens, tente de les aiguillonner, de susciter en eux le désir de l’action et du savoir, de la culture et de la curiosité, de la lucidité surtout et de l’amour.
    Sur la quatrième de couverture, il apporte des précisions sur la nature de son ouvrage, sa genèse, sa fabrication. S’il est un lieu où d’ordinaire l’écrit s’élabore au plus près du sujet, c’est bien celui du journal intime, où jour après jour se trouvent consignées les émotions ou encore les opinions, les pensées. Une âme sensible y panse ses blessures. Ce n’est pas le cas ici, mis à part des incises où le chien adoré de l’enfant qu’était Pierre est dans sa mémoire une fois de plus victime d’un crime. J’y reviendrai peut-être. L’auteur lui-même y revient toujours, preuve que l’enfance jamais ne nous quitte vraiment.
    Si l’âme sensible verse des pleurs dans un journal intime, un esprit rigoureux y recourt plutôt pour pousser plus avant l’ensemble de ses idées. L’actualité stimule ses réflexions, le monde tout autour les inspire. L’être ne se referme pas sur soi, ne contemple pas son nombril, ne numérote pas ses abattis. Bien au contraire, il s’ouvre aux autres, prend note des plaies du monde contemporain, réfléchit à des solutions, profère des mises en garde. C’est ici ce que fait l’essayiste. Du haut de ses trois quarts de siècle, au risque de passer pour un « père-rigueur », il adopte la posture du moraliste. « Une morale doit s’incarner. » Il tranche. Quelque chose comme le mal existe, il faut l’admettre. On doit identifier et combattre les maux qui accablent notre siècle. Pierre Perrin est un écrivain engagé. Il parle de ce qu’il adore et ne craint pas d’afficher ses détestations, de dénoncer des aberrations, des abus. Il en voit chez les politiques, les idéologues, les artistes et les écrivains. Dans les médias aussi. On peut être ou non d’accord avec lui sur certains points, partager ses coups de cœur, ses aversions. Quel que soit notre camp, force est d’admettre que l’auteur n’avance pas ses pions à l’emporte-pièce. Ses positions ne sont jamais prises à la légère. Voici un homme qui s’informe, qui tient compte des faits. Ses arguments sont étayés. Des chiffres, des statistiques les appuient. Le « père-rigueur » respecte les principes qu’il met en avant : il ne fait pas que promouvoir « la nécessité de la rigueur », il l’applique en tout et partout dans son travail. Sa pensée est rationnelle.
    En matière de goût, les calculs sont cependant moins efficaces. Certains goûtent l’œuvre de Proust, d’autres pas. La fine gastronomie littéraire ne nourrit pas le plus grand nombre. Difficile de prouver que les écrits d’Yves Bonnefoy l’emportent sur ceux de Jacques Prévert. Tout dépend de qui lit qui. Bien sûr, les littéraires peuvent discuter savamment et faire valoir intelligemment leurs positions. Quand Pierre Perrin parle de poésie, il dénonce des impostures. Quoi qu’il en soit, il parle en connaissance de cause. Il aime, il déteste. On le suit ou pas.

    On justifie sans trop de mal une position politique. On argumente. Du reste, quelque chose comme la science politique existe, mais la politique souvent la contredit. On aura beau concevoir des mesures concrètes et raisonnables pour lutter contre la pauvreté, les intérêts du commun sont souvent fauchés par ceux qui tirent les ficelles de la haute finance ou du pouvoir. On imagine facilement un Pierre Perrin lisant le journal de la première à la dernière page, très au fait des informations, éclairé, et ne prenant pas les vessies pour des lanternes. Il vit en France. Aujourd’hui. Le passé demeure pour lui un point de référence. De grands penseurs de l’Antiquité à aujourd’hui, en passant par la Renaissance et les siècles de la grande Histoire, nourrissent ses réflexions. Dans le chaos, Montaigne l’aide à réfléchir. Mais force est d’admettre que Montaigne n’a connu que l’intelligence des humains et non celle de l’IA, que les guerres de religion ne sont plus ce qu’elles étaient, que la France a changé de visage. Elle fait face à des enjeux que les Français doivent envisager au présent, avec les moyens actuellement à leur disposition. Ceux dont dispose Perrin sont de l’ordre du littéraire. Les problèmes du monde où il vit, où nous vivons, le submergent et nous submergent tout autant. Comment y voir clair ? Certainement pas en chaussant des lunettes roses.
    Où en la France aujourd’hui ? Perrin ne vit ni au fond d’une grotte ni dans un jardin fleuri à l’écart du monde. Depuis sa petite enfance, passée dans un monde rural qu’on peut facilement imaginer homogène quant à sa population, son pays s’est grandement transformé. De nouvelles tensions sociales ont surgi. Des Français se sont écriés : « La France aux Français ! ». On veut un peu partout dans le monde, par exemple dans le pays de Trump, fermer des frontières. Ailleurs, on ouvre les bras, on accueille. On se montre généreux. Dans son essai, l’auteur se penche sur la générosité. Jusqu’où peut-elle aller ? « La générosité à courte vue ferait offrir à un aveugle ses lunettes. » — « L’égalité peut se régler au cordeau, dans la façon taille-haie ; la générosité de principe cisaille tout ce qui dépasse. » — « Générosité de slogan, dureté du portefeuille ! » Une autre citation éclaire le sens de ces énoncés. La voici.
    « La crise est profonde ; l’issue improbable. L’élévation du plus grand nombre révèle une injustice. Les capacités de chacun ne sont plus reconnues à leur juste valeur. Est-ce que surcharger une barque décuple le risque de chavirer ? Est-ce qu’à recueillir toute la misère du monde en France, en Occident, la vie des natifs ? … Une telle interrogation reste un crime de lèse-égalité. »
    J’ai mentionné le caractère hybride de cet essai. Il s’explique par le fait que l’auteur a prélevé la plupart de ce qui constitue ses chapitres dans le journal qu’il a tenu à partir de l’année 2015. Cela donne droit à de la variété. Celle-ci n’entache pas la cohérence de l’ensemble. J’en veux pour preuve, et de la variété et de la cohérence de l’ensemble, un petit morceau justement intitulé « Le généreux ». Il s’agit d’une fable. Une fable dans un essai ! C’est dire l’originalité de l’ouvrage.

    Je résume. Malheureusement, on perdra la saveur du texte : Sur le seuil de sa porte, l’ouvrant largement à qui passe devant, se tient le Généreux. Et pauvres gens, miséreux, malades de se précipiter alors les uns à la suite des autres dans son humble demeure. Peu à peu, des objets disparaissent. Un invité s’intéresse de trop près à la fille. Il la force. Ce qui a si bien commencé se termine dans le sang. Les nouveaux venus murent « de l’intérieur la porte de la maison. »
    Voilà ! Pierre Perrin a osé cette fable. Les méfaits de la générosité y sont-ils généralisés ? La générosité est-elle caricaturée ? Une chose est certaine, l’auteur n’a pas la plume dans sa poche. Il l’en sort pour écrire le plus librement du monde. Sa fable peut donner froid dans le dos. Crainte de ce à quoi peut conduire un excès de générosité ou indignation de ce que l’on puisse aller jusqu’à parler d’excès, dès lors qu’il est question de générosité. Soyons honnêtes. Ouvre-t-on vraiment sa porte aux indigents ?
    De nos jours, de moins en moins, on semble faire à Rome comme les Romains. On en perd son latin. Un timoré ne le crierait pas avec autant de force que notre auteur. Il n’use pas d’une langue de bois. Chez lui, un chat est un chat. Quand on le laisse entrer chez soi, il arrive qu’il rugisse comme un chacal, disons plutôt un tigre. Mais, comparaison n’est pas raison. Soyons plus précis ; tenons-nous-en à ce qu’écrit Pierre Perrin, noir sur blanc, en regardant le monde droit dans les yeux.
    Il écrit ceci : « Comment interdire [le viol], quand la pornographie le livre à tout gosse connecté, qui formate son cortex, et que l’Islam en fait un de ses points cardinaux […] ? » – « Quand elle veut recruter en France, une religion de sept siècles plus jeune que la catholique avance : “L’Islam est paix. Pourtant, la France nous rejette, qui refuse le port du voile, la non-mixité, le halal, la prière.” La victimisation s’ensuit. » – « Si une civilisation fracture la paix, la charia prône l’éradication des civilisations qui la contestent. » – et : « Les livres qui appellent à « la guerre sainte » sont à détruire, et au premier chef ceux qui les propagent. Vivre en paix est à ce prix. »
    On ne saurait avoir moins froid aux yeux. Au risque de jeter de l’huile sur le feu, notre essayiste écrit en libre penseur. Ce faisant, il donne à réfléchir. « [Il] cultive le doute, sans l’ériger en dogme. » Il n’hésite pas à faire valoir ses convictions. Celles-ci reposent, c’est là un principe auquel il ne déroge pas, sur l’étude et l’analyse : « De ce que l’école enseigne, il faut conserver la méthode, dégraissée des idéologies, et toujours exiger la cohérence du discours. Si une conviction s’érige après qu’un faisceau de preuves l’éclaire, adoptons-la. Taire ses convictions, c’est se mordre la langue. » Perrin ne se mord pas la langue. Quelles sont ses convictions ? Quelles sont ses objections ? En faveur de quoi milite-t-il ? Contre quoi monte-t-il aux barricades ?
    Une utopie l’anime. Je dirai sous peu en quoi elle consiste. Dans la colonne des pour, voici les principaux. Le premier chapitre s’intitule « Qu’est-ce que vivre ? ». L’amour arrive en tête des réponses données par l’auteur : « Nous vivons pour respirer l’amour et l’inspirer plus profond, au large, apprendre et posséder, nous surpasser. » Chez lui, le goût de vivre ne va pas sans le goût de lire. « Lire, c’est vivre, écrit Proust, que sa chambre tendue de liège abritait. Mais vivre, c’est aussi lire … le monde tel qu’il se presse à notre rencontre. » On ne s’étonnera pas de voir l’auteur faire la promotion de la curiosité intellectuelle. L’école doit y pourvoir. Par après, chacun pour soi doit y voir, poursuivre sur la lancée de la curiosité que l’école a instillée en lui. La culture est un bien qui se conquiert et doit être développé. Lire, c’est ouvrir des livres et partir à l’aventure, mais attention ! Il est des aventures autrement nourrissantes que celles déployées par les manufacturiers du seul divertissement. L’auteur n’est pas rabat-joie, il rappelle cependant que le livre peut à la fois instruire et divertir. En cela, notre homme est classique. Or instruire, chez lui, s’avère un processus lié à la rencontre de l’autre. Lire, c’est partir à la découverte. C’est développer son être, ouvrir ses yeux sur le monde. Certains livres offrent un tel type d’aventure. Pas tous. Avec les mauvais livres pourrait commencer ici la liste des contres.
    L’auteur se montre intraitable sur la question de la langue et de sa correction. Il n’en démord pas. En cette matière, il est contre toute forme de relâchement, surtout quand il s’agit de livres. Il souligne des fautes chez les plus grands ou les plus célèbres — ce ne sont pas toujours les mêmes. Mais il y a pire que les fautes, il y a les phrases sans queue ni tête, formulées maladroitement, boiteuses, pauvres phrases, maigres de sens. Elles pullulent dans certains romans. Et même en poésie. « À côté de ces misères, des métaphores en cascade ne concourent-elles pas au charabia ? Que peut bien refléter un ‘‘miroir / forgé par les entrailles / d’un cerf en brame ’’ ?
    Perrin rappelle qu’à la fin de sa vie, Roland Barthes « déplorait le massacre de la langue française. Il déplorait la perte de la ‘’ Phrase absolue ’’, massacre auquel il avait contribué en imposant … la modernité. » On ne s’étonnera pas de découvrir bientôt un aveu très cinglant : « Je hais les modernes […] » On permettra cependant à l’auteur de justifier cette déclaration. On la lira en prenant en compte ses arguments. Par exemple, dans le domaine de la poésie, ne peut-on prendre en considération ses constats ? N’offrent-ils pas matière à réflexion ? N’y a-t-il pas lieu pour les poètes de se livrer à un sérieux examen de conscience. « La poésie vrombissait la langue des dieux. Les dieux récusés, la langue en charpie la tue. La pensée en capilotade confine cet art, sinon au silence, du moins au pilon. Le public ne boude pas la poésie ; ce qui en tient lieu le fait fuir. Abruti par ce qui remplace l’excellence, il l’ignore. » Je rappelle un titre, celui d’un ouvrage suscitant encore aujourd’hui la controverse. Il a été écrit par Roger Caillois, Les impostures de la poésie, Gallimard, 1944.
    Il arrive à Perrin de déplumer des gloires souvent consensuelles. Il écorche au passage des écrivains, primés pour la plupart, que plusieurs révèrent ou qui depuis longtemps tiennent le haut du pavé. Il ne pardonne pas la platitude, les pensées à ras de sol ou qu’il tient pour telles. Là encore, on peut abonder dans son sens comme on peut s’interroger sur ce qui motive ses rejets. Il les justifie.
    Si la science et la raison soutiennent ses idées sur le monde et la société en général, pour ce qui a trait aux lettres, c’est une autre affaire, une affaire de goût. Lui, il a envie de vivre et d’aimer. Il goûte les ouvrages qui célèbrent la vie, qui donnent le goût de vivre. Il voit d’un mauvais œil un nihilisme ambiant auquel il oppose une espérance. S’il a destiné son livre à la jeunesse, c’est qu’il croit fermement aux possibles qui s’offrent aux jeunes générations. Pour peu, qu’elles ne rejettent pas les héritages, en un mot la culture et les rigueurs de l’analyse, elles seront en mesure d’opérer dans le monde les changements qui s’imposent. Je crois ici important de citer un large extrait du chapitre qui a pour titre « Qu’opposer à des crécelles ». Dans ce passage, l’auteur résume en peu de mots la situation prévalant dans le monde actuel. Il fait par ailleurs une étonnante proposition.
    « La géographie fait l’Histoire qui, souvent, remodèle la géographie. Sur les cinq continents, combien de territoires deviennent des pays ? Les gens qui les habitent forment des peuples ; ils ont des habitudes. Quand certains usages du voisin semblent insupportables, ou d’innombrables rivalités entre les citoyens, une guerre intervient. Le multiculturalisme assure une autonomie pour certains étrangers, mais la coexistence sur un territoire, voire un pays, au milieu d’un peuple originel, de façons de vivre lointaines, importées, heurtent certains : l’excision des jeunes filles chez telle population, l’appel des cloches en Occident, celui du muezzin au Levant, une lapidation de femmes adultères ou, plus moderne mais aussi délétère, une correction sans procès par un jet d’acide au visage. La paix peut-elle exister sans une cohésion de mœurs, voire de pensée ? Un regard soutenu figure ici et là une invitation sexuelle, ailleurs un affront. Où fixer la bonne interprétation ? Pour savoir, il faut apprendre, réfléchir, à défaut d’avoir voyagé, sans trop oublier le peu qui s’impose à notre cervelle. Des hommes s’en dispensent, qui croient aux bienfaits de la surprise, au vivre plus fort dans l’inconnu. Aussi, vanter une société vouée à l’incompréhension, aux déchirements, confiée parfois à des chefs qui s’entretuent par l’entremise de leurs fidèles, est-ce durable, est-ce viable ? Certes, il faudrait que les cinq continents ne constituent plus qu’une confédération, la guerre enfin reléguée au passé. On en est loin. »
    Il est temps de mentionner ce qui importe le plus aux yeux de Perrin, temps de faire place à ce qu’il entrevoit pour l’avenir. Dans quelques passages, il formule un souhait, un espoir. Il esquisse un rapprochement avec le loin dont il vient d’être question, avec ce loin qui est le loin le plus lointain qui soit, non pas un rapprochement avec Dieu — il s’est clairement prononcé à son sujet —, mais plutôt avec le moment où sera inaugurée une paix viable à l’échelle de la terre. Le poète évoque des « frontières élargies », la fin des « pays-nations d’origine devenus des régions [souscrivant] à une langue commune ». À l’horizon, si son souhait se réalise, se dresseront « les États-Unis de la terre. » Il prononce le mot utopie et souligne que lui ne sera pas là pour assister à l’avènement de ce monde nouveau. Je ne puis m’empêcher de penser qu’une telle utopie a de quoi plaire autant aux tenants de la Droite (« parfois maladroite ») qu’à ceux de la Gauche … Somme toute, l’idée sourira peut-être davantage à ceux qui s’identifient à la Gauche, puisqu’elle participe des idéaux de fraternité, de liberté et d’égalité.

    Daniel Guénette, 7 juillet 2025, sur son blogue Dédé blanc-bec

    Article de Pierrick de Chermont —>

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