Échos à Une mère, le Cri retenu, Cherche Midi 2001 — extraits]

Échos à Une mère, le Cri retenu
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Article d’Angèle Paoli sur Terres de femmes, 2015Un très beau livre qui touche en profondeur, tant par la qualité d’une écriture très personnelle que par l’exploration sensible des sentiments qu’elle donne à vivre. Et à partager. Une fois le livre fermé…

Article de Philippe Leuckx sur revue Texture, 2016Les aveux sont nets et coupants comme seule la grande littérature peut inciser : s’il faut des comparaisons, citons Blesse, ronce noire de Louis-Combet ou La peau sur les os d’Hyvernaud ou encore La première habitude de Françoise Lefèvre. Puisque la grande littérature s’offre sans apprêts, glaçante s’il le faut, hallucinante de vérité…

Article de Marilyne Bertoncini dans Recours au poèmeDe son style-scalpel, Pierre Perrin fouille ses souvenirs, sculptant, remplaçant – par l’itération de ses boucles et reprises – l’éternité jamais atteinte de l’éternel retour. Par l’écriture, il redonne chair à un fantôme – et c’est la chair des ses mots. Par touches, comme un peintre…

Note de lecture de Marie-Josée Desvignes [le 17.5.2016]Il est des livres qui réclament qu’on les rouvre à la première page, sitôt la dernière tournée. Il est des livres dont on ne comprend pas que l’on ait pu passer à côté sans les voir. Il est des livres qui longtemps nous suivent parce qu’ils parlent au-delà de l’âme, à ce qui, au plus profond de nous, n’attend que de se dire, dont l’écriture bouleverse tout autant que le propos. Une mère, Le criretenu fait sans aucun doute partie de ceux-là…

couv. Une mère« Magnifique livre, plusieurs fois relu. » — Jean-Yves Masson, Facebook, 4 mai 2016, 01 h 07.

Ayant fait aménager de nouveaux rayonnages, j’ai retrouvé hier ce livre et l’ai relu. Oui, une écriture riche. Je veux dire : une narration continûment nouée à la réflexion et solidement ancrée dans la sensibilité. Images, aphorismes. « La bonté est sans pitié » … « Le voile de l’oubli pèse plus qu’un linceul » …« La tendresse – atroce – de rester sans objet » … Une langue juste, dynamique et cadencée pour dire l’amour jamais assez à la hauteur d’un fils pour sa mère. (Elle me rappelle la qualité des pages écrites par Armand Robin sur sa mère.) — Claire Fourier, Facebook, 17 avril 2016, 19 h 16.

J’ai lu un récit bouleversant, un retour à l’enfance fait de remords et de regrets, l’indifférence d’une mère pour son fils, le face à face cruel de deux êtres qui se cherchent et ne se trouvent jamais et que la maladie, puis la mort séparent. Mais à travers ce récit d’une tendresse impossible à donner comme à recevoir, c’est aussi l’itinéraire d’un enfant qui, s’il n’est pas gâté, va justement trouver dans cette impossibilité la force de se construire autrement en devenant poète.
Cette mère-là, celle de l’auteur, est universelle. Chacun peut s’y retrouver au-delà de l’intime.
Pierre Perrin en parle avec pudeur et impudeur. Il s’attarde sur lui aussi, mais sans jamais nous entraîner dans un voyeurisme déplacé et dérangeant. Il sait rester à sa place d’écrivain. En observateur de sa propre vie. À distance.
Son récit est glaçant. Mais la langue est si belle, les images appelées si poétiques, même lorsqu’il s’agit de décrire les blessures de l’enfance ou, plus tard, les ravages de la maladie que l’on ne peut que se laisser emporter par tant de beauté et de perfection. — Franck Balandier, auteur du Silence des rails, Flammarion, 2014 [sur Facebook – extrait – dimanche 21 février 2016]

Je referme le livre de Pierre Perrin, Une mère, le cri retenu. Une nouvelle fois, après l’avoir relu, à l’envers, au milieu, entre les lignes. Un livre à ouvrir encore, riche. Un livre à prendre le temps de ressentir. Un récit grandement littéraire et poétique dans sa forme, un contenu d’explosion de sentiments, mêlé de propos philosophiques, un regard terrien  évocateur d’une époque, et surtout une mise à nu sans concession. Admirable.
J’ai entendu en premier lieu, comme l’indique Pierre Perrin dès son titre, le cri retenu, cette universalité du cri qui lie mère et enfant. Il commence aux douleurs de l’enfantement, puis au premier cri de vie de la naissance, et n’a de cesse tout au long de cette relation que même la mort ne peut rompre. Doit-on dire qu’il n’est que douleur ? Non,  ce cri lancé aussi à chaque joie, à chaque émotion, à chaque victoire, est le seul moyen d’expression reptilienne. Un cri ventral, tripal, silencieux, terrible. Une mère passe sa vie à crier la chair de sa chair, maladroitement, et l’enfant ne cesse de crier à la mère sienne, rêvée, adorée, haïe. C’est sans fin, c’est une osmose déchirée qui cherche, inlassablement, à recoudre les parts de soi et de l’autre en un seul entier. Ces parts qui voudraient se rejoindre, par le bon mot, le bon geste, le bon regard, le bon moment, et n’y arrivent pas.
Le récit de Pierre Perrin hurle la quête d’un amour maternel qui n’a pu, su, voulu s’exprimer.
Comment comprendre ce manque de tendresse, l’impossibilité de communiquer, la sécheresse affichée d’un cœur, le blocage de la caresse ? Est-ce dû  à une époque où les femmes dures à la tâche projetaient sur leurs enfants cette raideur d’éducation ? Aux regrets d’une vie qui fut un temps rêvée et n’est plus ? A l’incapacité de la mère d’extérioriser  ses sentiments parce qu’elle reproduit ce qu’elle a connu enfant ? Ou par pudeur ? Faut-il y voir un refus de la maternité ?  Ou un choix pour faire de son fils un homme ?
Au fil des interrogations adressées tout autant à sa mère qu’à lui-même dans le labyrinthe des possibles, on accoste aux nœuds de chagrin, que l’auteur tente de démêler. Il questionne sa mère plus librement depuis qu’elle est morte, et ce parcours d’écriture le conduit doucement à certaines réponses avec lesquelles il devra s’accorder, s’encorder. Tel un chemin initiatique vers l’originel, pour trouver force d’avancer à nouveau. Un travail de deuil  qui met des années à commencer, jusqu’à l’apaisement. Pierre Perrin évoque le pardon qu’il consent à celle qui lui a manqué,  et le pardon qu’il peut enfin se permettre envers lui-même, impossible auparavant quand il pensait la détester. La mère, éternel amour profondément ancré, reste vivante dans son fils, enfin il l’accepte telle qu’elle est. Elle l’enfante à nouveau. Peut-être faut-il attendre la mort de sa mère pour devenir enfin complet ? Aimer n’est-il pas, dit-on, d’accepter entièrement l’autre avec ce qu’il peut donner, et non de rêver ce que nous voudrions qu’il soit ? Une très belle histoire de vie, d’amour, de questionnement et de pudeur que nous offre ce récit autobiographique de Pierre Perrin dont je recommande vivement la lecture. — Ève de Laudec, sur son site, le 23 février 2016

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