Le Modèle oublié [éd. Laffont, 2019] quatorze retours.5

Quatorze lectures et commentaires
à propos du Modèle oublié, éditions Robert Laffont, avril 2019

Le Modèle oublié [couverture]Belle note bien complète, c’est vrai. Tout y est à sa place. Critique exemplaire. Il faut lire Le Modèle oublié, c’est une leçon de maîtrise littéraire avec une documentation qu’on comprend extrêmement fournie. J’ai été sensible dans cette critique au rapprochement avec le cinéma, ce qui personnellement m’a paru évident. — Marie-José Eychenne, en écho à l’article de Pierrette Epsztein, 10 juillet 2019

Oui, Pierrette Epsztein, j’ai lu hier votre critique qui est celle qui m’a le plus éclairée. Parce que elle est méthodique, « professionnelle », et qu’on la sent fiable. Elle remet en perspective le destin de Virginie dans le le contexte de la condition féminine de l’époque. Et on se prend à penser : quelle modernité chez Virginie. Quel talent de la part de Pierre d’avoir sculpté ce personnage en contraste avec son époque ! Merci beaucoup Pierrette et Pierre. — Claudine Jourdan, en écho à l’article de Pierrette Epsztein, 11 juillet 2019

Très bien documenté, on apprend une foule de choses sur Courbet et sur son époque car l’auteur nous entraîne au cœur des bouleversements politiques de ce siècle : la fuite de Louis-Philippe, les barricades, l’avènement de la seconde république puis de l’Empire et enfin la Commune. Et si Courbet est la figure centrale du roman, Pierre Perrin s’attache surtout à nous dévoiler et à mettre en lumière une femme de l’ombre totalement oubliée : Virginie Binet. De dix ans l’aînée du peintre, cette grande lectrice fut sa plus fidèle alliée, sa muse, sa compagne et la mère de son fils unique. Si Virginie Binet apparaît comme une femme lettrée, humble, douce et généreuse, toute dévouée à son grand homme, Gustave Courbet ne nous est pas présenté sous un jour favorable. L’homme se révèle colérique, lâche, méprisant égocentrique… Peu importe, j’ai apprécié découvrir la naissance de plusieurs de ses toiles et notamment Un enterrement à Ornans, Les casseurs de pierre ou Une après-dînée à Ornans. Pierre Perrin revient également sur les différents scandales qui ont émaillé la carrière de ce peintre réaliste et les commandes qui ont été confiées, notamment L’origine du monde. — [l’article complet sur le blog de] Bianca, 12 juillet 2009

Je viens de terminer le livre de Pierre Perrin sur le premier amour de Gustave Courbet. Le Modèle oublié est écrit dans une belle écriture classique et qu’on lit avec grand intérêt jusqu’à la fin ; non seulement parce que l’auteur y évoque cet amour, mais aussi parce qu’il nous plonge dans toute une époque, durant laquelle la misère fut bien présente et où les affrontements politiques ne manquèrent pas, se « réglant » le plus souvent dans le sang. Gustave Courbet, dévoré par sa passion de créateur, personnage sensuel et égoïste, ne nous est pas montré sous un jour particulièrement sympathique : son art passe avant tout. Virginie est là pour assouvir ses désirs, s’occuper du ménage, le calmer, le flatter… Après plusieurs années de vie commune, ayant fini par devenir mère, mais lassée des absences et de l’indifférence de son compagnon, elle le quittera, sans jamais l’oublier vraiment, en dépit d’une nouvelle union. Je termine ce livre avec un peu de tristesse au cœur : si l’art triomphe, dans toute sa gloire, l’amour reste secondaire pour Gustave Courbet. Comme si le premier ne pouvait s’accorder à l’autre. Comme si la liberté de la création importait plus que tout. C’est le cas pour un certain nombre d’artistes. La passion de la création dévore tout ; jusqu’aux larmes de l’amante ; jusqu’à celles d’un enfant, que son père ne reconnaîtra jamais. Merci à Pierre Perrin pour avoir fait sortir de l’ombre cette amante oubliée. — Monique Marta [dirige la revue Vocatif], Fb, 14 juillet 2019

Bonsoir Pierre, J’ai terminé la lecture du Modèle oublié. Comme j’ignorais tout de la vie de Courbet, c’est un regard innocent qui s’est posé sur ce récit. Contrairement à beaucoup de vos lectrices, je ne chargerai pas Courbet car je crois que cet homme d’exception a fait ce qu’il devait faire. Conscient de son génie, animé par son art, il a placé celui-ci au-dessus de tout et Virginie Binet savait à quoi s’en tenir. Je le pense sincèrement et je ne comprends pas ces réactions de certaines lectrices qui ont lu seulement avec leur cœur, sans prendre la distance nécessaire et sans tenir compte du contexte de l’époque. Mais peut-être que ces réactions sont dues au récit, à sa narration car par moments vous noircissez, involontairement je crois, le tableau. Par exemple, quand Virginie, après avoir quitté Courbet, rencontre Graillon, nous la voyons à un moment se mettre à comparer cet homme avec Courbet. Graillon l’effacé face à Courbet et sa personnalité écrasante. Parce que de la personnalité, du caractère, le peintre n’en manque pas ; même dans ses absences il est toujours bien présent. C’est peut-être aussi une des raisons qui donne ce sentiment que Virginie est écrasée, étouffée par cet homme. Bien sûr Virginie a dû souffrir de la situation, gardant espoir sans doute d’être épousée et voir son fils reconnu. Mais il se peut que Courbet ait eu à souffrir également des pressions familiales, avec des sœurs possessives et exclusives, avec un rang à tenir, aussi lorsque lui-même exige de son père de ne pas recevoir les enfants de sa sœur, ce peut être un juste retour des choses. Et puis, si Courbet avait agi différemment, s’il s’était « rangé », s’il avait consacré plus de temps à sa famille en négligeant ainsi son travail artistique, nous n’admirerions pas ses oeuvres de nos jours telles qu’elles nous offertes. Si Virginie Binet était oubliée, voire inconnue d’un grand nombre, vous avez mis cette femme en lumière. Elle n’était pas faible, elle était amoureuse et a joué un rôle important dans la vie de Courbet en sachant, avec intelligence mettre fin à une relation quand ce fut nécessaire. — Yasmina Hasnaoui, message par Messenger, 15 juillet 2019

J’ai refermé hier soir le roman de Pierre Perrin Le Modèle oublié une écriture ciselée, un style foisonnant pour cette œuvre historique qui m’a interpellée à plusieurs reprises. Si talentueux qu’il soit, comment un homme peut-il aller aussi loin dans sa muflerie ? Virginie Binet qui est saisissante de véracité m’a tout particulièrement émue. Ce dont de soi qu’elle prodigue à son Gustave dont elle est follement éprise dépasse tout entendement, comment pouvait-elle aimer un tel homme qui faisait si peu cas d’elle et de son enfant qu’il ne prendra même pas le temps de déclarer ? Je reste dans l’interrogation. À part ses œuvres qu’à fait Gustave Courbet pour mériter d’être aimé ? Pour ma part je ressens une antipathie vis à vis de cet homme et ne parvient pas à éprouver le moindre sentiment pour ce jouisseur, à l’égocentrisme surdimensionné. J’admire toutefois la précision du récit et les couleurs qui en émanent et remercie Pierre qui a réussi à m’embarquer dans cette atmosphère si particulière où évolue Courbet. Je terminerai en ayant une tendre pensée pour Émile ce fils délaissé si attachant et Virginie cette femme que l’on ne peut qu’admirer merci à Pierre de lui avoir à sa manière redonné vie. — Danielle Gamen-Dupasquier, Le Livre des visages, 18 juillet 2019.

Pierre, je lis le dernier compte-rendu de lecture concernant votre Modèle oublié [ci-dessus]. C’est très étrange cette antipathie pour Courbet, comme si certains lecteurs ne voyaient qu’une seule partie de l’histoire, sans voir la globalité de celle-ci, encore moins les nuances. Se positionner en femme, en homme, en artiste seulement constitue une erreur je pense. Je ne pas certaine que le génie créatif puisse se bâtir sur un modèle de vie conventionnel. Cela demande du temps, des sacrifices et parfois/souvent au détriment de l’autre. Je reste persuadée que Virginie savait tout cela et l’avait accepté. Toute œuvre ne se résume pas à une seule personne, je veux dire sa seule réflexion, sa seule expérience – il s’agit plutôt d’un lien permanent entre le monde et soi. Des hommes, des femmes existent derrière un texte, une toile, à n’en pas douter. — Patricia Suescum, poète, Le Livre des visages, 18 juillet 2019.

Cher Pierre, Je viens de terminer Le Modèle oublié avec le sentiment né dès les premières pages et non démenti ensuite d’un travail solide mené avec une indiscutable expérience de l’écriture, un texte qui serait peut-être un peu trop sage sans quelques paradoxes internes qui lui donnent une réelle singularité. Paradoxe d’un genre, celui qu’il est convenu de nommer « biopic », genre ô combien moderne qui se trouve ici servi par une écriture classique au point qu’on songerait parfois lire un contemporain de Courbet. D’un certain point de vue un tour de force que m’a confirmé la relecture de quelques passages d’Une mère, Le Cri retenu où les phrases plus longues et souples semblent presque d’une autre plume. Paradoxe d’une démarche qui consiste à faire revivre un grand artiste au travers de sa biographie en dépit du fait qu’il faut bien convenir que le personnage manque singulièrement de qualités humaines ! Là réside peut-être une des clés du livre qui oppose l’homme et l’œuvre de façon pour le coup spectaculaire. Paradoxe du titre enfin, car il faut bien admettre que l’auteur lui-même en viendrait presque à oublier cette pauvre Virginie au profit de l’ogre dévorant à qui elle s’est sacrifiée de multiples façons. Il y a en effet du mythologique dans cette apocalyptique hypertrophie de l’être corporel et j’ai songé dans les derniers moments du peintre au personnage d’Apocalypse now incarné par un Marlon Brando lui aussi noyé dans son propre corps. En conclusion un livre qui existe, qui est une pierre forte dans la construction d’une œuvre. Un livre qui devrait trouver son public ne serait-ce que parce que nos contemporains sont avides d’apprendre et que ce texte est d’une richesse indéniable. Avec mes félicitations pour ce texte qui, même si c’est un aspect anecdotique, doit représenter une belle somme de travail. — Jean-Pierre Poccioni, par Messenger, 20 juillet 2019


Dans Le Modèle oublié, Pierre Perrin écrit, par la voix d’un certain Gustave (Courbet) : « Le silence est parfois une clairière où l’avenir se prépare à jaillir du passé ». Roman à l’écriture classique ciselée, plongeant dans un XIXème siècle de la Restauration – nous sommes sous Louis-Philippe, quand Gustave Courbet nous est raconté « dans la baratte de la vie » et de l’Œuvre à accomplir, allégoriquement pris dans la langue des falaises « édifiée au cœur d’une parenthèse géographique » et artistique, entre Ornans dans le Doubs et Dieppe, et Paris –, Le Modèle oublié de Pierre Perrin nous plonge dans un « monde passe-muraille » où la gouaille d’un artiste-peintre prend voix singulièrement. — Murielle Compère-Demarcy, Le Livre des visages, 29 juillet 2019

Il est parfois nécessaire pour découvrir la vie d’un homme de prendre des chemins de traverse. Pierre Perrin dans Le modèle oublié n’a pas hésité à faire l’école buissonnière pour nous faire partager la vie méconnue de Gustave Courbet à travers sa relation avec Virginie Binet, muse, amoureuse et mère de son enfant qu’il ne reconnaîtra pas. Si trop peu de témoignages et documents existent sur Virginie, par quelques bribes d’aspects connus, Pierre Perrin fait revivre cette Dieppoise qui suivit l’artiste à Paris au début de sa carrière. Épicurien, jovial, bourru, mais aussi talentueux, Courbet profita d’une vie de bohème et de plaisir, soutenue par une fortune familiale. Souvent absent et volage, c’est toujours vers Virginie qu’il retournait. Patiente amoureuse et mère attentive dans ce Paris de Louis-Philippe et cette France en mutation, elle sera aussi victime de l’ire des sœurs de Gustave Courbet. Pierre Perrin, judicieusement et avec une écriture fine et ciselée, peint par petite touche la toile de la vie de Virginie.
La force de ce livre tient aussi dans le travail de recherche historique de Pierre Perrin. Grâce à lui, on suit sans embêtements chronologiques un dix-neuvième siècle parfois méconnu, éclairant les aspects politiques et sociaux de cette période si dense et en pleine évolution. On y découvre une vie intense culturellement, parfois dramatique où les remous de l'histoire se confondent avec la vie du peintre. L’occasion de croiser aussi Charles Baudelaire, ami de Gustave, que ce dernier rendit immortel en 1848 dans sa toile « Portrait de Baudelaire ».
Suivons avec Pierre Perrin ces vies bousculées, celle de Virginie qui partagea la vie du Maître une dizaine d’années, de ce fils, Émile, qui encore jeune homme fut enlevé à la vie et celle du peintre, d’Ornans à Paris jusqu’à la Suisse tout au long de ce siècle vertigineux. Suivez ce chemin de traverse jusqu’au bout, vous y ferez la découverte au fil des pages d’une part cachée du peintre que lui-même a entretenue. Et si vos pas, un jour, vous guident face aux toiles de Gustave, et en particulier « Les amants heureux », tout en ombre et lumière et de côté, vous y reconnaîtrez Virginie dans les bras de Gustave. Un instantané qui rend notre modèle oublié réelle et vivante. — Marie-Hélène Jeannerod et Jean-Antoine Viguier, Librairie L’Intranquille à Besançon [1er août 2019]

Un livre d’une beauté et d’une force incroyable. Pierre Perrin nous emmène dans l’histoire du peintre Gustave Courbet et surtout nous fait découvrir celle qui sera sa muse, son modèle durant près de dix ans, Virginie Binet, jolie Dieppoise qui l’accompagnera dans sa quête de gloire artistique. Une plongée en immersion dans les coulisses artistiques et intimes de ce couple dont on suit le chemin avec passion. Un roman historique parfaitement bien documenté qui nous plonge au cœur de l’histoire du peintre et surtout de son modèle que l’écrivain ressuscite avec une écriture forte et juste sans oublier de nous faire ressentir les méandres palpitant de ce Paris du XIXème siècle aux senteurs de barricades, d’émeutes et de foisonnement artistique et littéraire. Un livre à mettre entre toutes les mains ! — Virginie Delahaie, courriel, Lyon, 3 août 2019

Tu as su par ton Modèle oublié que j’ai dévoré faire revivre une époque riche en couleurs. Il y a beaucoup d’aspects de la personnalité de Gustave Courbet que j’ignorais. À cet égard ta documentation est exemplaire. Quant au personnage de Virginie Binet on le découvre par petites touches émouvantes. C’est le sort de la femme de la classe moyenne, même si elle côtoie le monde des artistes. Le Modèle oublié est un excellent livre qui tombe à point nommé à une époque où on essaie de réhabiliter la femme. C’est un livre hors norme dans un contexte littéraire où chaque écrivain dévoile ses petits secrets d’alcôve. Tu peux être fier de ce livre qui allie la précision de la documentation au témoignage émouvant de la vie d’un homme pour qui seule la gloire comptait. On retiendra pourtant de Courbet que c’était un génie qui a su jeter aux orties la peinture d’histoire (celle de Gérôme) et exprimer la vie même. Un mot encore : Tu sembles mal supporter l’absence d’articles dans les grands quotidiens ; mais cela viendra en automne à l’occasion de la sélection des prix littéraires. Je te vois prix Femina ou Interallié. — Louis Reymond, Avignon, Courrier, 8 août 2019

Avez vous entendu parler de Viginie Binet, Le Modèle oublié, grand amour de Gustave Courbet ! Pierre Perrin nous en parle si bien dans son livre, que je vous suggère de vite le découvrir. Personnellement, hâte de continuer sa lecture, hâte de suivre le destin de Virginie cette douce Dieppoise qui aimait tant ce talentueux peintre. Mais je vous laisse avec l’envie de tenir ce livre entre vos mains et vous faire votre opinion. Je vous remercie Pierre, pour vos recherches. Vous me faites revivre mon enfance au travers de la vie de Virginie Binet. — Évelyne Lemonnier, Le Livre des visages, 10 août 2019

Je viens de fermer le livre de Pierre Perrin, Le Modèle oublié. Je l’ai lu lentement. Il m’a suivi sur les routes de l’été et c’est avec regret que j’ai lu la dernière page. Non pas regret, avec cette lenteur qui fait apprécier un livre jusqu’à son dernier mot. Le modèle oublié porte bien son nom. Il rend hommage à cette femme respectable qu’est Virginie Binet. Une amante, une mère, une sœur. Elle aura eu la vie qu’elle a choisie avec et sans Courbet. Je ne lui trouve que des qualités. J’ai pleuré Virginie. Je n’ai pas pleuré le peintre bien qu’il y ait dans sa personnalité des lumières qui parfois donnent un certain espoir. Je ne regarderai plus jamais son œuvre avec le même œil. Désormais, se cache Le modèle oublié derrière chaque tableau. Le livre de Pierre Perrin est riche, issu d’une longue recherche, écrit d’une plume exercée. Il mérite d’avoir une place de choix dans la littérature et l’histoire de l’Art. Merci d’avoir peint pour nous le modèle oublié qui ne le sera désormais plus. — Élisabeth Loussaut, courriel 10 août 2019

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